Méfiance… à lire d’urgence 27 juin
Voici un extrait des nouvelles calédoniennes, LE journal du caillou, datant du 25 juin 2009!
Sans vouloir tirer la couverture à moi, voilà pourquoi nous existons!
| Touriste cherche travail |
| Lieu de rencontre privilégié pour les touristes au petit budget, l’auberge de jeunesse de Nouméa s’est transformée, l’espace de quatre mois, en un foyer de jeunes travailleurs, suite à la diffusion sur M6 d’un reportage présentant « L’eldorado calédonien ». Un cauchemar pour le personnel de l’établissement.
« Notre vocation première, c’est le tourisme social. C’est-à-dire accueillir des voyageurs au petit budget et leur proposer un espace de rencontre, pour partager leurs expériences et souvent un bout de chemin sur le territoire. » En s’installant à Nouméa comme gérante de l’auberge de jeunesse, il y a vingt-sept ans, Andréa a réalisé le rêve de nombre de voyageurs au long cours. Un rêve qui s’est transformé l’espace de quatre mois en véritable cauchemar. Début janvier, l’émission Capital, sur M6, diffuse un reportage sur « L’eldorado calédonien » présentant le Caillou comme un endroit où tout est possible pour le Métropolitain en quête de soleil et de travail. C’est le début des problèmes pour le staff de l’auberge. « Le lendemain, nous recevions les premiers appels de touristes d’un genre nouveau dont les questions concernaient plus les allocations disponibles sur le territoire que les sites touristiques à visiter. » Le personnel prend les réservations en précisant que le séjour maximal au sein de l’établissement ne peut excéder une semaine. « Un délai suffisant, à leur sens, pour trouver un emploi, un logement et peut-être même un bateau », exagère à peine Andréa. Quelques jours plus tard, les premiers arrivants débarquent à la réception, plein d’espoirs… vite envolés. « Beaucoup n’avaient pour seuls bagages qu’un aller simple et quelques euros, pour tenir le temps de s’installer. Mais au bout d’une semaine, ils se retrouvaient sans logement ni argent et dans l’incapacité de rentrer en France. » La compétition commence, en même temps que les ennuis. « Les pages du cahier des messages téléphoniques invitant nos résidents à se présenter à un entretien ont été déchirées par d’autres personnes qui s’y rendaient, les petites annonces du journal disparaissaient à la première consultation et les premiers vols sont intervenus. » D’abord des DVD, des ustensiles de cuisine, puis le pillage, une nuit, de quinze casiers du frigo contenant les provisions de clients de l’auberge. Loin des valeurs de partage et de solidarité vantées par l’association. « Au bout d’une semaine, ils se retrouvaient sans logement ni argent et dans l’incapacité de rentrer en France » L’ambiance se dégrade et devient invivable lorsque les premiers voyageurs sont invités à quitter les lieux à la fin de leur semaine de réservation. Les employés sont menacés physiquement jusqu’en dehors de l’auberge, lorsqu’ils croisent ces voyageurs mécontents, poussant les responsables à envisager, un temps, l’embauche d’un vigile. « Finalement, nous avons réussi à calmer la situation, en leur suggérant de se rendre dans des établissements comme le Kuendu Beach ou la Casa del Sol, qui proposent des logements aux mêmes tarifs que l’auberge, à condition de les partager à plusieurs. » Cédric Moal |
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